Les risques du tabagisme sur la chirurgie esthétique

Les risques du tabagisme sur la chirurgie esthétique

En ce mois de novembre décrété  » mois sans tabac », il était normal d’évoquer les risques liés au tabagisme dans le domaine de la chirurgie esthétique.

Cigarette tabac chirurgie esthétique

S’arrêter avant l’opération

C’est un fait avéré : toute personne souhaitant recourir à  une opération de chirurgie esthétique doit arrêter de fumer au préalable.
Il est même souhaitable de continuer le sevrage tabagique après l’opération et cela le plus longtemps possible.
Il est recommandé d’arrêter de fumer au moins un mois avant l’intervention (même si certains chirurgiens sont plus durs et exigent un arrêt d’au moins 6 semaines).
Pourquoi cette recommandation ? Quels sont les risques du tabac sur une opération de chirurgie esthétique ?

 

Les risques encourus

Que le patient subisse une rhinoplastie, une liposuccion ou une augmentation mammaire, les risques sont les mêmes : fumer provoque un manque en oxygène des tissus.
Ainsi, le tabagisme peut avoir une forte influence sur la cicatrisation et même faire nécroser les tissus.
Les cicatrices de l’opération ont alors tendance à être plus foncées et il peut même arriver que les points de suture ne tiennent pas, si les tissus sont particulièrement abîmés.
Certaines opérations sont plus traumatisantes pour les tissus et être fumeur augmente le risque de voir des complications plus importantes sur la peau.

Dans le pire des cas, le tabagisme peut également provoquer des complications cardiovasculaires et respiratoires.
Il n’est pas rare de voir des cas d’embolie pulmonaire après une opération de chirurgie esthétique si le patient fumeur n’a pas arrêté de fumer à temps.
Certains patients peuvent aussi souffrir d’oedèmes ou de phlébites.

Le risque d’infection post-opératoire est plus élevé lorsque le patient est une personne qui fume.
Une autre conséquence découle alors de l’apparition de complications liées à l’opération de chirurgie esthétique : l’hospitalisation du patient peut être plus longue.
Cela peut durer quelques jours de plus voire quelques semaines selon l’importance du problème post-opératoire subi par le patient.
En outre, le tabagisme multiplie par 2 le risque de transfert non programmé dans un service de réanimation après une opération.

Le meilleur moment pour arrêter

En règle générale, il est fait mention d’un délai d’un mois sans fumer avant une intervention de chirurgie esthétique.
Si le patient rencontre des difficultés à arrêter, il lui est possible de respecter un délai de 3 semaines sans fumer (même si cela augmente quelque peu les risques).
Si vraiment l’arrêt de la cigarette s’avère plus difficile que prévu, il est tout de même très vivement recommandé de ne pas fumer dans les 48 heures avant l’opération.

Certaines études démontrent que, dans certains cas, l’obligation d’arrêter de fumer pour subir une intervention de chirurgie esthétique conduit à l’arrêt définitif de la cigarette.
L’une de ces études montre que 40% des fumeurs opérés ont définitivement arrêté de fumer de façon quotidienne après l’opération.

Bénéficier d’une aide de son chirurgien, ou bien d’un médecin traitant, serait perçu comme une motivation supplémentaire pour arrêter de fumer par les patients. Les fumeurs sont davantage motivés à arrêter la cigarette si les médecins illustrent les méfaits de la cigarette avec des exemples précis plutôt qu’en leur présentant uniquement les bienfaits du sevrage tabagique.

L’utilisation de substituts nicotiniques n’est pas forcément interdite mais elle est peu recommandée, en particulier en ce qui concerne la cigarette électronique.
En somme, il est fortement conseillé d’éviter l’ingestion de tabac avant tout acte chirurgical.

Photo by Thong Vo on Unsplash